Marie Lacombe, journaliste spécialisée dans les rencontres internationales, rencontre Julien Fontaine, 42 ans, cadre commercial bordelais expatrié à São Paulo depuis 2022. Avec quatre années d’expérience sur place, il revient sur son installation, sa rencontre avec sa femme brésilienne et les réalités quotidiennes d’une vie de couple franco-brésilienne.
Pourquoi avez-vous choisi de vous expatrier au Brésil ?
Marie Lacombe : Qu’est-ce qui vous a poussé à quitter Bordeaux pour São Paulo en 2022 ?
Julien Fontaine : J’avais 38 ans et une carrière solide chez un équipementier industriel, mais j’avais besoin de changer d’air après une rupture longue. Le Brésil m’attirait depuis un voyage en 2018 : la chaleur humaine, le rythme de vie et les opportunités professionnelles dans l’agroalimentaire m’ont paru évidentes. J’ai obtenu un visa de travail en janvier 2022 et j’ai atterri à São Paulo le 12 mars. C’est ça le truc, on n’est vraiment pas préparés à la taille de la ville : 21 millions d’habitants, des embouteillages de trois heures et une énergie qui ne retombe jamais. J’exagère à peine quand je dis que j’ai compris dès la première semaine que ma vie allait changer. Concrètement, mon premier lundi matin, le trajet de 8 km entre mon studio à Pinheiros et le bureau à Vila Olímpia a duré deux heures quarante. J’ai compté 47 feux rouges et trois vendeurs ambulants qui passaient entre les voitures. Le soir, j’ai noté dans mon journal que je n’avais pas vu le soleil de la journée à cause des gratte-ciel. Pourtant, dès le vendredi, un collègue m’a invité à un churrasco sur la terrasse de son immeuble et j’ai compris pourquoi tant d’expatriés restent. Les conversations duraient jusqu’à 3 h du matin, les voisins se connaissaient par leur prénom et personne ne parlait de la pluie ou du prix du loyer. En six mois, j’ai changé trois fois d’appartement pour me rapprocher du métro et j’ai fini par trouver un deux-pièces à Moema pour 2 800 reais par mois, charges comprises. C’est à ce moment-là que j’ai vraiment commencé à me sentir chez moi. Et c’est aussi là que j’ai commencé à m’interroger sérieusement sur la rencontre — ce que notre guide complet pour rencontrer une femme brésilienne résume bien mieux que je ne pourrais le faire en quelques mots.
La culture de la séduction brésilienne : le premier choc
Marie Lacombe : Comment avez-vous perçu la façon dont les Brésiliens abordent la séduction ?
Julien Fontaine : Le premier choc a eu lieu dès le premier mois. À Bordeaux, un regard prolongé peut déjà sembler intrusif. Ici, les femmes sourient, touchent votre bras en parlant et engagent la conversation sans détour. J’ai vite compris que cela ne signifiait pas forcément un intérêt romantique, mais simplement une sociabilité très différente. Les applications de rencontre comme BrazilCupid m’ont aidé à décoder les codes : beaucoup de profils précisent « relacionamento sério » dès la bio. J’ai aussi remarqué que les sorties en groupe sont la norme ; inviter une femme seule au restaurant peut être mal interprété les premières fois. Un soir de mai 2022, j’ai proposé à une collègue de prendre un verre après le travail. Elle est venue avec deux amies et son cousin. Nous avons passé la soirée à danser du forró dans un bar de Vila Madalena et je me suis retrouvé à parler portugais basique avec tout le monde. C’est là que j’ai compris que la séduction brésilienne passe d’abord par le groupe avant de devenir personnelle. Sur BrazilCupid, j’ai rapidement appris à rédiger des messages qui mentionnaient un lieu précis et une activité collective : « Tu connais le forró du samedi à Pinheiros ? » plutôt que « Tu es belle, on se voit ? ». Cette approche a multiplié mes réponses par trois en deux semaines.
Comment avez-vous rencontré votre femme ?
Marie Lacombe : Où et comment la rencontre s’est-elle concrétisée ?
Julien Fontaine : J’ai d’abord testé les soirées organisées par des expatriés à Vila Madalena, mais c’est finalement sur BrazilCupid que tout s’est passé. Mon profil mentionnait mon arrivée récente et mon envie de découvrir le pays avec quelqu’un de local. Carla, professeure de portugais, m’a répondu en juin 2022. Nous avons échangé pendant trois semaines avant de nous voir à un forró à Pinheiros. Le premier rendez-vous a duré six heures. Deux ans plus tard, nous sommes mariés et vivons dans le quartier de Moema. notre avis complet sur BrazilCupid m’a d’ailleurs aidé à affiner ma stratégie de messages. Carla m’a écrit le 18 juin à 23 h 17 : « J’aime bien ton texte sur la feijoada, tu en as déjà mangé une vraie ? » Nous avons échangé 47 messages avant de fixer le rendez-vous. Le soir du forró, elle portait une robe rouge et m’a appris les pas de base en moins de dix minutes. À 2 h du matin, nous partagions un acaï bowl sur le trottoir et je lui ai demandé si elle voulait m’apprendre le portugais. Elle a répondu oui à condition que je lui montre comment faire une vraie sauce béarnaise. C’est comme ça que nos dimanches se sont organisés pendant les six premiers mois.
La barrière culturelle : les malentendus du début
Marie Lacombe : Quels ont été les principaux malentendus culturels au début de votre relation ?
Julien Fontaine : Le plus gros a porté sur la notion de ponctualité. Quand Carla me disait « je passe te chercher à 20 h », elle arrivait souvent à 21 h sans s’excuser. Pour moi, c’était du manque de respect ; pour elle, c’était normal. Nous avons mis quatre mois à trouver un terrain d’entente : je lui envoie un message à 19 h 45 pour vérifier, et elle m’avertit si elle est en retard. Un autre point a été la jalousie amicale. Les Brésiliens ont beaucoup d’amis du sexe opposé et les embrassent sur la joue. Là j’ai compris que je devais ajuster mon propre seuil de tolérance plutôt que de demander à Carla de changer ses habitudes. Le 14 juillet 2023, nous avons organisé une soirée crêpes pour la fête nationale française. Quatorze personnes sont venues, dont trois ex-petit amis de Carla. J’ai passé la moitié de la soirée à expliquer pourquoi les Français mangent les crêpes avec du sucre et du citron plutôt qu’avec du lait condensé. À minuit, tout le monde dansait la samba dans le salon et j’ai réalisé que ces moments de mélange culturel étaient devenus ma nouvelle normalité.

Famille brésilienne : l’intégration, un défi à part entière
Marie Lacombe : Comment s’est passée votre intégration dans la famille de Carla ?
Julien Fontaine : La famille brésilienne est omniprésente. Tous les dimanches, une quinzaine de personnes se retrouvent chez les parents à Campinas. Au début, je me sentais observé : mon accent, mes blagues françaises, ma façon de manger. J’ai appris à préparer une feijoada correcte et à danser la samba lors des anniversaires. Aujourd’hui, je suis considéré comme le « gringo simpático ». Les grands-mères me demandent encore quand nous aurons des enfants, mais avec le sourire. L’important est de participer sans se forcer. Le premier Noël brésilien, j’ai apporté du foie gras que j’avais fait venir de France. La belle-mère l’a goûté, a fait une grimace polie et a ajouté trois cuillères de piment. Depuis, je prépare toujours une version brésilienne avec de la linguiça. En 2023, j’ai même participé à la préparation du réveillon : 42 convives, trois kilos de riz, 18 bouteilles de vin et une chorégraphie de samba que nous avons répétée pendant un mois. J’ai compris que l’intégration ne se mesure pas aux compliments mais au nombre de fois où on me demande d’apporter le dessert.
BrazilCupid vs rencontre sur place : votre avis honnête
Marie Lacombe : Après quatre ans, quel bilan tirez-vous entre les applications et les rencontres physiques ?
Julien Fontaine : Les deux fonctionnent, mais pas de la même manière. Depuis la France, guide complet pour rencontrer une femme brésilienne montre que BrazilCupid permet de filtrer les profils sérieux avant le départ. Sur place, les applications restent utiles, mais les rencontres dans les cours de danse ou les événements d’expatriés donnent des résultats plus rapides. J’ai personnellement rencontré trois femmes via l’application et deux lors de soirées avant de trouver Carla. Le ratio est donc plutôt équilibré. En 2024, j’ai fait un test : pendant deux mois j’ai utilisé uniquement BrazilCupid et j’ai eu 11 conversations sérieuses dont deux rendez-vous. Les deux mois suivants, j’ai participé à quatre cours de danse et trois soirées d’expatriés : 14 conversations et quatre rendez-vous. La différence principale reste la qualité du filtre : sur l’application, les femmes indiquent clairement si elles cherchent une relation sérieuse ou simplement des amis.
Vie de couple franco-brésilienne : les ajustements quotidiens
Marie Lacombe : Quels sont les ajustements les plus concrets dans votre vie de couple actuelle ?
Julien Fontaine : Le plus visible reste la gestion des finances. Carla trouve normal de partager les factures au centime près, alors que j’avais l’habitude de payer plus souvent en France. Nous avons mis en place un compte commun pour les courses et les voyages, et gardons nos comptes personnels pour les loisirs. Autre point : les projets à long terme. Les Brésiliens planifient moins loin que les Français. Nous avons dû négocier un calendrier précis pour l’achat d’un appartement et les visites annuelles à Bordeaux. Ces discussions nous ont rendus plus solides. En janvier 2025, nous avons ouvert un livret commun avec un objectif de 80 000 reais pour un apport immobilier. Chaque mois, nous y versons 2 200 reais. Le voyage annuel en France est programmé six mois à l’avance avec un budget bloqué de 9 000 reais. Ces rituels ont supprimé 90 % des petites disputes que nous avions les six premiers mois.

Questions rapides — idées reçues sur les femmes brésiliennes
Marie Lacombe : Passons à cinq affirmations courantes. Vrai ou faux ?
Julien Fontaine :
- « Les Brésiliennes sont toutes très jalouses » — Faux. Certaines le sont, comme partout, mais Carla et ses amies sont plutôt confiantes tant que la communication reste fluide.
- « Elles cherchent toutes un visa » — Faux. La plupart des femmes que j’ai rencontrées avaient un bon niveau d’études et un emploi stable.
- « La famille passe toujours avant le couple » — Vrai. Les week-ends en famille sont presque sacrés, surtout le dimanche.
- « Elles sont très directes sur leurs intentions » — Vrai. Dire « je ne suis pas intéressée » arrive plus souvent qu’en France.
- « Le physique compte plus que tout » — Faux. L’humour et la capacité à danser comptent souvent davantage.
Ce que vous recommandez aux Français qui veulent tenter l’aventure
Marie Lacombe : Quels conseils concrets donneriez-vous aujourd’hui ?
Julien Fontaine :
- Apprenez le portugais avant de partir. Trois mois de cours intensifs m’ont permis de comprendre 70 % des conversations quotidiennes dès l’arrivée.
- Utilisez BrazilCupid vs ColombianCupid : le comparatif pour choisir la bonne plateforme selon votre profil et vos critères.
- Acceptez que les rythmes de vie soient différents et ne cherchez pas à tout contrôler. L’adaptation passe par l’observation et l’humour. J’ajouterais aussi de prévoir un budget mensuel de 1 200 euros pendant les six premiers mois pour les imprévus administratifs et les voyages de découverte. Enfin, gardez toujours un pied en France : un compte bancaire, une adresse et des amis qui peuvent vous dépanner en cas de besoin.
Pour ceux qui envisagent une démarche structurée, le comparatif des sites de rencontre internationale depuis la France permet de comparer les plateformes avant le départ. Pour les aspects juridiques et administratifs d’un couple franco-brésilien, l’accompagnement CQMI Canada pour couples franco-brésiliens offre un suivi de qualité. Et si vous réfléchissez à aller plus loin, notre guide sur le mariage sérieux avec une femme latine couvre toutes les démarches essentielles.